Depuis plusieurs semaines, la vieille gauche nantaise cherche à m’enfermer dans une caricature commode : je serais une sorte de “droite trumpiste”, voire un “Trump low cost” nantais. L’attaque est grossière. Elle dit surtout une chose : à défaut de répondre à mes propositions, on préfère me coller une étiquette importée des États-Unis pour éviter le débat de fond.
Cette ritournelle facile mérite une réponse un peu argumentée.
D’abord, qu’est-ce que le trumpisme ?
Le trumpisme n’est pas une droite ferme, ni même une droite conservatrice. Les sources sérieuses qui décrivent le phénomène le rattachent à un mélange de populisme anti-élites, de nationalisme identitaire, de nativisme hostile à l’immigration, de défiance envers les contre-pouvoirs et les institutions, et d’une pratique politique fondée sur la polarisation permanente. La galaxie MAGA est décrite comme un mouvement voyant la nation comme déclinante du fait de l’immigration, du multiculturalisme et de la mondialisation ; la littérature sur le populisme insiste aussi sur l’idée selon laquelle “le peuple” serait seul légitime face à des élites supposées corrompues, avec une tentation constante de contourner les médiations démocratiques. Plus récemment encore, Donald Trump a assumé la grâce de plus de 1 500 personnes impliquées dans l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, acte qui symbolise précisément ce rapport brutal aux institutions et à l’État de droit.
Autrement dit, le trumpisme, ce n’est pas seulement parler de sécurité ou de frontières. C’est opposer les citoyens les uns aux autres, flatter les colères, disqualifier les institutions quand elles résistent, et faire de la confusion un mode de gouvernement.
Ce n’est pas ma ligne. C’en est même l’exact opposé.
Je suis d’une droite moderne, pas d’une droite de la fureur
Je suis d’une droite qui assume l’autorité, mais refuse la brutalité. D’une droite qui croit à l’ordre républicain, pas au désordre émotionnel. D’une droite qui veut remettre de l’exigence dans l’action publique, pas exciter les peurs pour masquer le vide.
Oui, je suis ferme sur le régalien. Je crois à la sécurité. Je crois à la maîtrise de l’immigration nouvelle pour favoriser l’intégration de ceux qui sont déjà chez nous. Je crois à la souveraineté. Mais en France, dans notre tradition républicaine, ces sujets se traitent par la loi, par l’État, par des politiques publiques sérieuses — pas par la démagogie, pas par la mise en scène permanente, pas par le culte du chef et la politique du fait accompli.
La sécurité n’est pas un slogan. C’est une obligation envers les habitants.
L’immigration n’est pas un épouvantail. C’est un sujet complexe qui appelle lucidité, humanité et fermeté.
La souveraineté n’est pas un cri de meeting. C’est la capacité d’une nation à décider de façons autonome, à produire, à protéger, à transmettre.
Rien de cela n’a à voir avec le trumpisme.
Je suis d’une droite écologique, pas d’une droite de déni
On me caricature parfois parce que je refuse l’écologie punitive, l’écologie gadget ou l’écologie d’affichage. Je suis d’une droite moderne, qui voit l’ampleur du défi environnemental et qui veut y répondre sérieusement : protection de notre cadre de vie, lutte contre les pollutions, adaptation au changement climatique, sobriété intelligente, soutien aux mobilités douces, attention à l’alimentation durable, au local, à la qualité urbaine, à la nature en ville.
Là encore, nous sommes à l’opposé du trumpisme, qui s’est distingué par son climatoscepticisme forcené et, dès le début du second mandat de Donald Trump, par des décisions de retrait de l’Accord de Paris et de recul sur les politiques climatiques fédérales.
Je ne crois ni à la fuite en avant productiviste, ni au techno-solutionnisme, ni à l’écologie punitive. Je crois à une écologie de responsabilité, enracinée, concrète, compatible avec la prospérité et la justice sociale.
Je suis d’une droite sociale, pas d’une droite de l’humiliation
Je me reconnais dans une tradition de droite sociale, celle qui sait que l’autorité n’a de sens que si elle protège, que l’économie n’a de légitimité que si elle permet l’ascension, et que la République n’est forte que lorsqu’elle n’abandonne pas les classes populaires, les familles, les travailleurs, les personnes âgées, les indépendants, les commerçants, les habitants des quartiers défavorisés.
Cette droite-là n’oppose pas les “gagnants” aux “oubliés”. Elle refuse le mépris de classe. Elle n’essentialise personne. Elle ne se nourrit pas de la colère pour elle-même. Elle cherche à réparer ce qui est abîmé : l’école, la sécurité du quotidien, le logement, les services publics, la propreté, la civilité, le lien entre les générations.
Le trumpisme prospère sur l’affrontement permanent. Ma conviction est exactement inverse : une ville se redresse par l’autorité, mais elle se rassemble par la justice.
Je crois aux institutions, aux alliances, aux équilibres démocratiques
Une autre différence essentielle me sépare du trumpisme : mon rapport à la démocratie libérale.
Je crois aux contre-pouvoirs.
Je crois à l’État de droit.
Je crois au débat contradictoire.
Je crois aux alliances de gouvernement.
Je crois au pluralisme.
Le populisme trumpiste prétend que seul un homme incarnerait le peuple contre tous les autres. Moi, je crois au collectif, à la délibération, aux majorités construites, au travail avec des alliés, notamment centristes dans cette campagne, dès lors qu’ils partagent l’essentiel : le sérieux budgétaire, l’ordre républicain, l’attachement européen, la liberté économique encadrée par la justice sociale, et une écologie pragmatique.
On voudrait me peindre en homme d’extrême clivage ; avec mes alliés, avec Sarah, Valérie et Guillaume, j’ai créé au contraire une coalition de responsabilité.
Mes alliés centristes prouvent d’ailleurs l’absurdité de cette accusation
Il faut être cohérent : on ne peut pas à la fois dénoncer chez moi un supposé “trumpisme” et constater que je travaille avec des femmes et des hommes attachés à la modération, à l’équilibre institutionnel, à l’économie ouverte, à l’Europe, à l’écologie pragmatique et à la culture de compromis.
Le trumpisme est un projet de rupture brutale, d’excitation permanente, de conflictualité comme méthode.
Ma démarche est tout autre : rassembler une droite républicaine, des centristes, des libéraux, des gaullistes sociaux, des écologistes réalistes, autour d’un projet de redressement pour Nantes.
Ce n’est pas une logique de bloc radical.
C’est une logique de majorité municipale crédible.
Et je le redis avec clarté : l’alliance avec le RN est impossible
Je veux être très net sur ce point.
Il n’y aura pas d’alliance avec le Rassemblement national.
Impossible politiquement, impossible stratégiquement
Impossible politiquement, parce que je ne partage ni leur logiciel qui cherche des coupables systémiques à tous nos maux, ni leur manière d’abîmer la vie publique, ni leur incapacité structurelle à construire des majorités de gouvernement sérieuses dans un cadre large.
Impossible stratégiquement, parce que Nantes a besoin d’alternance, pas d’une impasse ; de crédibilité, pas d’un coup de force ; d’un projet d’avenir, pas d’un exutoire.
Je combats la gauche municipale parce que je crois qu’elle a fragilisé la ville, pas pour remplacer un dogmatisme par un autre. Cette gauche qui ferait bien d’avoir la même clarté que moi quand il s’agit de s’allier avec LFI !
Ce que mes adversaires refusent d’admettre
En réalité, cette accusation de “trumpisme” sert un objectif simple : empêcher qu’émerge une droite nouvelle, capable d’être à la fois ferme et moderne, enracinée et ouverte, républicaine et écologique, sociale et exigeante.
Pendant trop longtemps, on a voulu faire croire qu’il n’existait que deux options :
soit une gauche morale, parfois hors-sol, souvent inefficace ;
soit une droite caricaturale, forcément brutale, forcément réactionnaire.
Je refuse ce piège.
Oui, je veux remettre de l’ordre.
Oui, je veux protéger les Nantais.
Oui, je veux de la fermeté sur la sécurité, l’immigration, l’autorité publique.
Oui, je veux une ville plus propre, plus sûre, mieux gérée, plus ambitieuse.
Oui, je veux une écologie sérieuse.
Oui, je veux une politique sociale qui ne soit ni naïve ni clientéliste.
Oui, je veux travailler avec le centre.
Oui, je refuse toute alliance avec le RN.
Où est le trumpisme là-dedans ?
Nulle part.
La vérité, c’est que je dérange les vieux réflexes
Je dérange parce que je ne rentre pas dans les cases.
Je dérange parce que je refuse les intimidations sémantiques.
Je dérange parce que j’assume une droite de gouvernement quand d’autres préfèrent les postures morales qui sont une impasse politique.
Je dérange parce que je parle à des électeurs différents : des électeurs de droite, du centre, de la gauche, des abstentionnistes, des déçus du macronisme, des déçus de Johanna Rolland, des classes moyennes, des familles, des habitants des quartiers populaires qui veulent simplement vivre en sécurité et dans une ville qui fonctionne.
Alors on me caricature.
C’est plus simple que de débattre.
Mais les Nantais méritent mieux que des anathèmes importés.
Ils méritent un débat sérieux sur le logement, la sécurité, les transports, la propreté, l’école, l’écologie, la gestion, l’attractivité, la tranquillité publique, la qualité de vie.
C’est sur cela que je veux être jugé.
Pas sur des procès d’intention absurdes.
Je suis d’une droite française, républicaine, moderne
Je suis d’une droite française.
Pas d’une droite importée.
Pas d’une droite de la vocifération.
Pas d’une droite de l’outrance.
Pas d’une droite de l’impuissance grimée en force.
Je suis d’une droite républicaine, moderne, sociale, écologique, ferme sur le régalien, claire sur la souveraineté, attachée à l’autorité de l’État comme aux libertés publiques, capable de travailler avec des alliés centristes et sans aucune ambiguïté vis-à-vis du RN.
Ceux qui me traitent de “Trump low cost” révèlent surtout leur pauvreté d’argumentaire.
Les Nantais, eux, sauront faire dimanche prochain 15 mars la différence entre une caricature et un projet.

